30.06.2008

Le billet obligatoire où je dis du bien de D&D4

Il est sorti, je l'avais précommandé et je l'ai lu. Soyons honnête je joue à l'ancêtre depuis la première édition et je risque bien de jouer à celle-là dans un futur proche.

Si les concepts de base n'ont fondamentalement pas changé, la façon de rajeunir le vénérable frise le génie marketing. La mécanique a perdu une bonne partie de son obésité chronique et laisse entrevoir peu de possibilités d'y greffer de nombreux bourrelets disgracieux. Soyons néanmoins lucides, des ajouts et variantes vont pulluler et sont d'hors et déjà annoncés, mais de façon miraculeuse le nouveau moteur de jeu devrait contenir le tout dans une systématique qui ne donnera pas l'impression de transformer la logique de base.

La 4e offre une mécanique ripolinée et si on a l'impression de voir des règles pour un jeu de figurines, elles amènent un dimension tactique et un souffle cinématique réel – Legolas version Peter Jackson c'est possible. Quand la structure est solide on peut la tordre à son goût avec plus de facilité. Des contraintes naissent bien plus de bonnes choses que quand les prémices laissent une liberté totale, tout créateur a un jour remarqué la chose.

L'approche est résolument à l'initiation, la courbe d'apprentissage est vraiment progressive et simple, ce qui en soit est déjà remarquable. Si la lecture du manuel du joueur laisse sur sa fin, celle du guide du maître, en général dispensable et indigeste depuis l'origine, m'a tout simplement laissé sur le cul. C'est de loin le meilleur traité sur la construction et la maîtrise de partie, tous jeux confondus, qu'il m'ait été donné de lire.

Il est aussi clair que tout est fait pour que les fans de jeux de rôles sur pc puisse faire le saut sans peine. Toute personne ayant un jour joué à un MMORPG médfan saura jouer à DD4 après 15 minutes d'introduction, et mine de rien c'est peut-être un argument massue pour amener un sang neuf dans le petit monde fermé du jeu de rôles. Pour beaucoup DD a été une porte d'entrée dans ce monde merveilleux et je ne vois pas en quoi c'est un problème, l'ancêtre restant le meilleur outil pour faire de l'heroic fantasy gonflé aux hormones, tel que le cinéma aime le montrer, sans jamais interdire d'être fin et intelligent et de vivre des aventures subtiles et belles.

On joue souvent à des jeux plus branchés de façon tout aussi bourrine, mais en se félicitant d'être plus smart que le grosbill moyen de donj', parce qu'un FAS c'est quand même plus psychologique et subtil qu'une bâtarde.

Si vous êtes allergique au seul nom de Donjons et Dragons et que le médfan vous irrite, ne l'achetez pas, en plus les goodies informatiques prévues ne tourneront pas sur mac, c'est dire :-P

22.05.2008

Musique en vrac

Ce n'est pas parce que je n'écris plus que je n'écoute plus de musique. S'il y a encore des courageux qui passent par là, il est temps de leur parler de quelques perles du moment.
Si j'attends toujours quelque chose de réellement novateur, musicalement parlant, pour ce début de XXIème siècle, je ne me suis pas pour autant fermé à des sorties récentes et somme toute assez intéressantes.

S'il faut sauter sur un album de cette année, c'es bien celui de Thee Silver Mt. Zion Memorial Orchestra & Tra-la-la Band : 13 Blues for Thirteen Moons. Depuis Horses In the Sky et la longue complainte déchirante sur la guerre et le sacrifice, le collectif n'a fait que s'affirmer musicalement tant dans l'instrumentation que dans l'harmonisation des voix, ouvrant l'album au track 13 (on est conceptuel et on assume) par un morceau titanesque et épique qui rappelle la magie d'un Kashmir de Led Zep avec une construction lancinante tout en crescendo porté par le quatuor à corde qui forme l'ossature de groupe et son originalité sonore. La voix plaintive d'Efrim toujours à la limite nous guide dans un état des lieux de la société qui fleure bon le mois de mai. Une chorale désespérée, écorchée hurlant une litanie comme un exorciste, mais d'une beauté inquiétante, entêtante et lancinante. Silver Mt. Zion utilise la voix là où Godspeed ajoutait des instruments, mais sait toujours autant nous entraîner dans les méandres de morceaux à tiroirs laissant paraître des perles dans la fange.
Préciser que l'expérience devient quasiment mystique en concert relève de l'euphémisme.

Pour une écoute plus sautillante et un plaisir plus immédiat, je ne peux que chaudement recommander le retour aux affaires de Black Francis alias Frank Black, qui s'il a exhumé les Pixies pour de simples raisons pécuniaires, prouve avec deux disques solos, le sympathique mais pas totalement abouti Bluefinger et le plus brut, bien plus intense et plus jouissif Svn Fngrs que l'âme damnée et géniale des lutins c'était bien lui -avec mes excuses à Kim Deal meilleure des viennent ensuite. On y retrouve cette patte capable de balancer une mélodie fatale d'une voix criarde sur une guitare tranchante avec des paroles suréalo-kitsch. Frank reste le meilleur juke-box alternatif pour surfers sous acide, un sacerdoce qu'il poursuit depuis 20 ans.

Pour terminer sur une note plus juvénile et tous styles confondus la confirmation de Beirut et de sa musique balkano-musette romantique qui nous prouve que les cuivres et l'accordéon peuvent composer des valses à 3 temps qui pourront faire danser des gens de moins de 60 ans. Dans une style plus noisy, les belges de Pornorama et leur pop-rock alternatif fleurant bon les années 90, dans un style électro-cinématographique, les français Turzi et leur ambiances à la Morricone/Jarre (celui d'Oxygène).

01.01.2008

2008

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22.11.2007

C'est loin l'Australie...

Or donc, je me suis tu bien longtemps en ces lieux vaincu par la logique de la nouvelle ère libéraliste, travailler toujours plus pour mieux se faire avoir au final. Je perds donc passablement de mon temps au service de multinationales qui pensent que la communication est une affaire sérieuse mais toujours trop chère. Donc, beaucoup d'exigences pour de très petits budgets et surtout des délais incompressibles malgré l'incurie constante des gens du marketing.

"Demandez à quelqu'un d'autre"
est un leitmotiv, "vous aurez les documents demain" une pirouette classique, "ce n'est pas ma faute" un mensonge éculé.

La question finalement tient plus de savoir qui est le plus malhonnête entre le client qui doit justifier son budget pour ne pas se faire muter en Papouasie et le patron d'agence qui accepte de toujours casser les prix "pour ne pas perdre un client" qui lui permet tout juste de payer les charges d'une entreprise qui surexploite ses employés.

Restent les vacances au soleil qui finissent de tuer l'envie de retourner au taf, si ce n'est pour le plaisir infime mais tellement jouissif de montrer son bronzage estival au client en plein mois de novembre, lui qui doit enfin se déchaîner pour terminer son agenda annuel et qui soudain devient tellement plus compréhensif de peur de voir sa tête tomber sous le sapin de Noël.

Les aborigènes ont perdu leur temps de rêves, bienvenue dans l'ère du cauchemar.

Sur ce je retournerai bien en vacances, toutes ces conneries ça commence vraiment à m'épuiser...

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09.05.2007

Gueule et langue de bois

Le XXIème siècle prend de plus en plus de consistance et risque bien d'être le fossoyeur du socialisme. La faute à incombe probablement plus aux gens de gauche qu'aux ultra-libéraux, incapables de redéfinir une vision sociale face au rouleau compresseur du "je consomme donc je suis". Même les chinois, moteur de cette accélération libérale par leur travail trop bon marché, en oublient leur communisme, laissant à des démagogues peu inspirés ou dépassés le rôle de dernier rempart de l'internationale.

Le pouvoir se construit dans les médias à coup de formules simples/simplistes, une campagne présidentielle se mène comme une campagne militaire, et non pas sur un capital sympathie "je suis une femme, je vous écoute…" La population du nouveau millénaire veut des réponses toutes faites et ne tient plus à réfléchir autour d'une table ronde, les politiciens sont là pour ça.
La politique est avant tout une question de charisme et de bagout, on ne se fait plus depuis longtemps élire pour son intelligence et son bon sens.

Il reste néanmoins un espoir, la France du renouveau est chantée par Mireille Mathieu, Gilbert Montagné, Enrico Macias et Johnny Halliday. On a les amis qu'on mérite finalement. /:

Bon courage pour les cinq ans à venir.